La Londe 2026 : le jazz comme horizon méditerranéen
Du 30 juillet au 2 août 2026, la plage de l’Argentière, à La Londe-les-Maures, s’est transformée en écrin musical pour la 17e édition du La Londe Jazz Festival. Quatre soirées, trois scènes, une programmation libre et généreuse : ici, le jazz se vit les pieds dans le sable et la tête dans les étoiles.
Il y a des festivals que l’on vient écouter. Et puis il y a ceux que l’on vient vivre.
À La Londe-les-Maures, le jazz a depuis longtemps choisi son décor : la pinède de la plage de l’Argentière, la Méditerranée en toile de fond, les Îles d’Or à l’horizon et, lorsque le soleil disparaît, cette immense scène naturelle où la musique semble pouvoir se prolonger jusqu’au bout de la nuit.
Pour sa 17e édition, le La Londe Jazz Festival confirme une identité devenue rare : celle d’un rendez-vous indépendant, gratuit, profondément humain et artistiquement exigeant. Né en 2009 de la passion d’une bande de musiciens, le festival poursuit son aventure sans céder aux sirènes du formatage. Ici, pas besoin de chercher la démesure : ce sont les artistes, les rencontres et la qualité de l’écoute qui occupent le devant de la scène.
Trois scènes, trois façons de faire vibrer le jazz
Chaque soir, la fête commence à 19 heures avec l’Apéro Jazz. Une mise en bouche musicale et conviviale, étroitement liée au territoire, notamment aux vins des domaines AOC Côtes de Provence-La Londe.
À 21h30, place à la grande scène, cœur battant du festival. Puis, à 23h15, le Jazz Club prend le relais avec l’Olivier Lalauze Trio, avant de laisser la place aux jamsessions et à l’improvisation.
Un format qui permet de passer, en quelques heures, de la découverte à la création, du jazz métissé à la soul, du swing aux musiques du monde. Une véritable traversée musicale, sans frontière et sans œillères.
Jeudi 30 juillet : le jazz entre en transe
La soirée d’ouverture débute avec Radio Mezcal, cocktail latino-caribéen aux accents afro-caribéens et électro. Une entrée en matière solaire avant de découvrir The Spirit of 3 – Christophe Dal Sasso / Shekinah Rodz Octet.
Avec ce projet, le jazz devient matière mouvante : rythmes méditerranéens, influences africaines et indiennes, écriture contemporaine et puissance vocale de Shekinah Rodz. Une musique qui ne se contente pas de jouer : elle cherche le dialogue, la pulsation et le mouvement.
Au Jazz Club, Olivier Lalauze Trio prolonge la soirée entre standards revisités et compositions originales, avant les jamsessions.
Vendredi 31 juillet : de Nina Simone à la French Riviera
Le vendredi commence avec Clémence de Tournemire Quartet, qui revisite l’univers de Nina Simone. Jazz, soul et gospel se rencontrent dans un hommage qui privilégie l’émotion et la liberté plutôt que la simple relecture.
Puis vient l’un des temps forts de cette édition : Big Sud & l’Orchestre de l’Opéra de Toulon invitent Andrea Caparros.
Un projet à la croisée du jazz orchestral, de Broadway et des couleurs méditerranéennes. Une rencontre entre l’orchestre et la tradition du jazz, entre l’énergie du Sud et les grandes architectures musicales. La voix lumineuse d’Andrea Caparros vient donner chair à cette création pensée comme un véritable voyage entre les deux rives.
Samedi 1er août : le monde en partage
Samedi, le Georges Caparros Quartet ouvre les festivités avec un jazz voyageur où se croisent Brésil, Cuba et flamenco.
À 21h30, changement d’horizon avec Abraham Réunion.
Le projet porte particulièrement bien son nom : plusieurs univers réunis autour d’une même respiration musicale. Jazz, influences caribéennes et musique classique se rencontrent dans un répertoire où la question de l’identité dialogue avec celle de l’émotion.
Une musique sensible et vibrante, qui rappelle que le jazz est aussi une histoire de racines, de migrations, de transmissions et de rencontres.
Dimanche 2 août : swing et fièvre soul pour finir en beauté
Pour la dernière soirée, Les Suricats Septet remontent aux sources du jazz avec un répertoire inspiré des années 1920. Swing, blues et improvisation : une invitation à retrouver le plaisir immédiat d’une musique qui fait autant bouger les corps que les oreilles.
Puis, pour clôturer cette 17e édition, The Buttshakers promettent de mettre le feu à la scène.
Avec leur soul puissante et leur groove incandescent, porté par la voix magnétique de Ciara Thompson, les Buttshakers devraient offrir au public un final placé sous le signe du funk, de la danse et de l’énergie collective.
Et lorsque la grande scène s’éteindra, le Jazz Club aura encore quelques histoires à raconter…
Le jazz comme art de vivre
C’est peut-être là que réside toute la singularité de La Londe Jazz Festival.
Ici, la musique ne s’enferme pas dans une salle. Elle respire avec le paysage. Elle se mêle aux conversations, au parfum des pins, à la douceur du soir et aux verres partagés autour des productions locales.
Le festival revendique un format 100 % gratuit, quatre jours de programmation et trois scènes, avec près de six heures de musique chaque soir. Derrière cette apparente simplicité se cache une impressionnante aventure humaine : plus de 80 bénévoles et intervenants contribuent à faire vivre le rendez-vous.
Cette gratuité n’est pas ici un simple argument. Elle participe pleinement à la philosophie du festival : permettre au passionné comme au néophyte, au vacancier comme à l’habitué, de s’arrêter, d’écouter, de découvrir.
Une parenthèse musicale au bord de la Méditerranée
La Londe Jazz Festival n’est peut-être pas un festival comme les autres. Et c’est précisément pour cela qu’on y revient.
Parce qu’il possède cette chose devenue précieuse : une âme.
Une âme faite de musique, de territoire, de bénévoles, d’artistes et de public. Une âme qui refuse de choisir entre exigence et convivialité, entre tradition et modernité, entre jazz et ouverture au monde.
À La Londe, le jazz n’est pas seulement une musique.
Il devient une manière de regarder l’été.
Une manière de laisser la nuit tomber doucement sur les pins, tandis qu’un saxophone, une voix, une guitare ou une section rythmique viennent rappeler que la musique est peut-être, avant tout, une histoire de partage.
Du 30 juillet au 2 août 2026, la Méditerranée avait donc rendez-vous avec le jazz. Et sous les étoiles de l’Argentière, la #LLJF Touch a une nouvelle fois fait entendre sa différence.
Jean-Constantin Colletto pour Rond-Point du Jazz
